
Face aux caméras, Morano interroge un quidam... élu UMP
Mercredi, la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano est en visite à Marseille. Plus exactement, elle se promène entre les rayons de fournitures scolaires d'un hypermarché Carrefour, dans les quartiers nord de Marseille. Un déplacement ministériel pour le lancement médiatique de la nouvelle allocation de rentrée scolaire (ARS), dont le montant varie désormais en fonction de la classe d'âge de l'élève
Une opération de com' plutôt réussie, puisque les reporters se bousculent autour d'elle. L'occasion rêvée d'effacer le début de polémique entre associations familiales sur le coût de la rentrée.
Journaliste pigiste, je fais des images d'une ministre très à l'aise, qui commence à serrer les mains et à interpeller les mères et pères de famille pour leur expliquer \"l'effort historique du gouvernement\". (Voir la vidéo.)
La première femme qu'elle salue lui explique que l'ARS nouvelle version est totalement insuffisante, et qu'elle ne s'en sort pas. Après un échange devant les caméras, Nadine Morano poursuit sa visite, nettement plus tendue.
Un client idéal se présente, séduit par la politique du gouvernement
Le directeur ajoint de cabinet Frédéric Amar (veste grise et cravate grise sur les images) lui présente un nouveau père de famille (chemise bleue, bras croisés et lunettes sur les images), qui n'est pas de l'avis de la première dame, bien au contraire.
Ce dernier considère en effet que les prix des fournitures scolaires sont plutôt en baisse, que le coût de la rentrée est correct, que les enseignants ont fait des efforts sur les listes de fourniture... Bref, les accords passés entre Xavier Darcos et les enseignes de la grande distribution ont eu un impact direct et positif sur le porte-monnaie des parents d'élève.
Réponse de Morano, tout aussi naturelle : \"Tant mieux, ça va dans le bon sens. Je suis contente pour vous.\" Puis le père : \"Pourvu que ça dure.\" Sourire caméra. Séduit par ce \"bon client\", Frédéric Amar sympathise avec ce parfait inconnu : sur le dernier plan, on les voit en train de marcher côte à côte.
L'affaire aurait pu en rester là, si certains journalistes n'avaient poussé plus loin le souci du recoupement. Et l'homme n'est pas un quidam qui passait là par hasard. Il s'agit de Bruno Sangline, proche du député UMP de Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône) Richard Mallié et premier adjoint UMP du maire de Bouc-Bel-Air, Jean-Claude Perrin, en charge de la petite enfance et des affaires scolaires.
Moralité : pour une bonne opération de com', prévoir un témoin idéal dans le casting.
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De ababush
21H45 | 22/08/2008 |
Bien vu, Rue 89.
On savait que les dents de N. Morano rayaient les parquets, et on pouvait soupçonner ce type de pratique de sa part.
Vous n’avez pas marché dans le piège tendu, en cohérence avec l’esprit critique qui caractérise la plupart de vos articles; merci de rappeler aux faussaires que les journalistes ne sont pas manipulables aussi facilement.
Cette histoire est de la même veine (quoique moins gonflée) que celle qui avait défrayé la chronique il y a 18 ans, lorsque Olivier Stirn (sur les conseils de Kouchner..) avait loué des chômeurs et des acteurs pour figurer à un meeting. Ministre, il avait du démissionner.
http://www.humanite.fr/1990-07-06_Articles_-OLIVIER-STIRN-croyait-benefi…
Pris la main dans le sac, les politiques nous font parfois bien rire.
De Soye
Grouillot | 22H19 | 22/08/2008 |
Quand la mère de famille dit « je profite qu’il y a la télé », Morano, se foutant ouvertement de sa gueule répond « Ah oui, ça j’ai bien compris ».
C’est vrai quoi, profiter de la présence de la télé pour dire qu’on n’est pas d’accord, faut oser !
D’autant que la télé était là par hasard au moment où Morano faisait ses courses. Et voilà qu’une mère de famille même pas ministre veut donner son avis ??? A la télé ??? Et pour dire en plus elle n’est pas d’accord ???
Aaaah mais non coco. C’est pas dans le script ça.
Enfin quoi, imaginez qu’on passe à la télé plein de témoignages de gens qui ne sont pas d’accord !
Et même sans télé, imaginez qu’il y ait partout en France plein de gens qui ne soient pas d’accord et qui veulent le dire…
Pas possible, vous comprenez bien.
Normal que les chaines ne relaient que la parole des chefs de la Sarkozie, ça serait trop le bordel sinon…
De NicolasB
Lycéen à Paris | 03H54 | 23/08/2008 |
De gauche ou de droite, ce qu’à fait M. Sangline est particulièrement malhonnête et décevant. Le Gouvernement promet une rupture politique, là voilà encore perturbée par des actes idiots et inutiles.
Révolutionner notre système politique actuel, ce n’est pas changer d’idéologie et ce n’est pas changer de cap. Au contraire, c’est être honnête avec tout le monde. Et c’est cela le rôle que devrait incarner le Gouvernement actuel: celui de la transparence la plus nette. Quand M. Sarkozy affirme lors d’un discours devant des députés UMP que la France va mieux, c’est une erreur. Une erreur grave. Car la mauvaise posture économique mondiale nous concerne tous. Quand Rachida Dati affirme sur un plateau télé, en « off », qu’avoir une ministre de la Justice ouverte, sociable, travailleuse, et qui fait un bon « porte-drapeau », c’est grave. Dire aux Français que leur pouvoir d’achat va augmenter d’ici peu, c’est grave aussi. C’est tout simplement pour calmer la colère de certains.
Etre honnête dans le gouvernement actuel, c’est dire que les réformes sont là mais que les résultats ne se verront pas avant quelques années. Visiblement, dans ce cas, la réforme Darcos n’a pas encore de résultats positifs. Nadine Morano a fait deux erreurs en trouvant un témoin UMP. D’une part, elle a truqué sa visite. D’autre part, elle a fait de la propagande assez scandaleuse (on est dans une démocratie, non?). Elle fait croire que ça va bien quand, au contraire, ça ne va pas fort.
Un lien de confiance et d’honnêteté est ce qui fait la force du gouvernement. Après, on peut contester l’idéologie et les réformes menées par ce dernier… Mais là n’est pas la question.
De Milarepa-voyageurdanslespace
retraité | 10H38 | 23/08/2008 |
Morano , Morano! c’est pas le nom d’un cirque ça?
De Knarf
19H54 | 23/08/2008 |
J’ai utilisé l’adresse de Monsieur Bruno Sangline, voici sa réponse:
j’ai reçu ce jour votre message,
premièrement j’apprécie Madame Morano pour le travail qu’elle fait, ainsi que Monsieur Darcos qui a obtenu des fournisseurs qu’ils baissent leurs prix ou au moins qu’ils les bloquent (pour répondre sur le fond)
j’étais venu en voisin élu et citoyen, et figurez-vous que j’ai des enfants et que je leur achète des fournitures comme tout le monde,
on m’a demandé mon avis, je l’ai donné ! si il y a occasion de dire ce que je pense, je le fais, car de l’autre côté, on ne s’en prive pas !
je ne touche pas l’allocation de rentrée scolaire, donc pour moi c’est encore plus cher ! et si ça n’augmente pas, ça me va très bien !
Deuxièmement, cet article n’est pas du journalisme c’est de la propagande spéciale « rue89 », car ce que le journaliste ne dit pas, c’est que mon intervention n’a pas été diffusé à la tv, ni nulle part ailleurs que sur rue89 car le caméraman de TF1 m’a demandé si j’étais là par hasard : je lui ai dit que j’étais venu exprès pour la visite ministérielle, en conséquence il ne m’a pas diffusé !
quand au journaliste de rue89, je trouve que se servir de l’interview d’un petit élu de province (36 000 communes, je le rappelle, donc des centaines de milliers d’élus) pour faire sa soupe anti-gouvernement, c’est vraiment tout petit !
je n’ai pas à me défendre de ce que je suis, ma voix vaut la vôtre, les choses sont équitables !
mon intégrité et celle de la « classe politique » ne sont pas en cause, par contre vous avez sérieusement besoin de contrôler vos paroles, et d’améliorer votre expression par la même occasion ! à moins que vous soyez en plus atteint par la flemingite du web.
vous osez parler de décadence de la classe politique, qu’avez-vous fait de concret pour donner des leçons d’intégrité, à part m’insulter gratuitement ?
sur ce , j’ai perdu assez de temps sur cette affaire, mais sachez que je ne laisse jamais un quidam m’invectiver sans répondre, question d’honneteté et de courage
diffusable à souhait
bruno sangline