Pour le grand public
contemporain, l'Enfer de la Bibliothèque s'entend comme
une légende, un fantasme, le territoire majeur de l'interdit
qui alimente en retour toutes les curiosités. Mais
l'écart est grand entre ce mythe et la réalité. Aussi l'ambition de
l'exposition que la BnF consacre à cette part obscure de ses collections
consiste-t-elle à lever le voile sur la vérité de l'Enfer. Il convient
d'abord de retracer l'histoire, pleine de surprises, de la constitution
de ce lieu abstrait, mental – une « cote », un numéro
de classement qui le désigne à la consultation « réservée
» – où sont rassemblés textes et images réputés contraires
aux bonnes mœurs. L'exposition propose un double parcours. L'un concerne
l'histoire : comment l'Enfer s'est-il constitué au département des
Imprimés et au département des Estampes ? Comment a-t-il évolué ?
Le second propose une déambulation à travers le contenu de l'Enfer :
quels sont les livres, les documents, les images que l'on a classés
là ?
Ces parcours à travers la littérature telle qu'elle
n'est pas enseignée vont à la rencontre d'un monde imaginaire où les
personnages obéissent à toutes les fantaisies du désir, où l'excès
de la parole devient pamphlétaire et le discours politique, pornographique.
Ce monde c'est celui de l'anonymat, du pseudonyme, des fausses adresses,
des dates trompeuses, des éditeurs clandestins, des lieux clos, celui
des couvents, des boudoirs, des bordels, des prisons mais aussi des
bibliothèques. Des écrivains tels que Sade, Apollinaire, Louÿs, Bataille
et quelques autres en sont les acteurs à jamais anonymes de la
célébration de l'érotisme et du sexe entre le XVIe et
le XXe siècle.
Une large place est offerte aux premières manifestations
de la photographie pornographique et de même sont exposées les estampes
japonaises entrées à la Bibliothèque grâce à la générosité des premiers
collectionneurs occidentaux.
Exposition interdite aux moins de 16 ans.
En partenariat avec :
Le Monde, Le Monde 2, evene.fr,
Paris Première, France Inter et la RATP |