Onfray: "Il y a un défaut d'intelligence tous azimuts"

Pour Rue89, le philosophe revient sur les récents mouvements sociaux et décrit de nouvelles formes de résistance.

C’est son premier ouvrage dans " la France d’après" : sur fond de mouvements sociaux et de heurts en banlieues, le philosophe libertaire, hédoniste et surtout extrêmement moderne, s’exprime sur Rue89 sur le futur, sur la philosophie, et sur l’actualité sociale.

Un an après une " Puissance d’exister" où il dévoilait son rapport intime à la philosophie, quelques mois après de nouveaux opus de sa " Contre-histoire de la philosophie" , voici donc le quatrième volume du " Journal hédoniste" du fondateur de l’Université populaire de Caen de l’Université du goût à Argentan.

Une part d’autobiographie est nécessaire pour comprendre le monde

Journal intime couplé avec philosophie ? Les fidèles du philosophe le savent, les autres le vérifieront : Onfray est le contraire d’un angélique et d’un complaisant, aussi ces journaux hédonistes sont un face-à-face entre l’homme et le monde. Comme toujours, dans tous ses écrits, l’auteur illustre sa vision de la philosophie. Pour lui, elle n’existe pas sans la sociologie, la psychanalyse, l’art, les sciences, l’écriture... et l’examen de soi.

D’où une part d’autobiographie nécessaire pour comprendre le monde. Le tout (intime et ex-time) devenant outils indispensables pour rendre lisible la complexité du monde. Surtout du nôtre, où dominent vitesse, mélange des genres entre fictions et réalités, mise en cause des métissages et victoire du profit sur l’esprit.

Comme toujours chez Onfray, ce " Journal hédoniste" met en avant arts, peinture, écrits, histoire et origines de la philosophie, athéisme et détestation des religions, autonomie de pensée et de vie. Avec ces armes, il revisite quelques faits (les révoltes sociales de banlieues en 2005) et outrages (la pédophilie) récents.

Onfray picore, butine, regarde autrement les philosophes

Avec ces outils, il propose un éclairage (individuel, collectif, immatériel et facilement accessible) : comment, dans notre monde si chrétien, être heureux, résister aux puissances mortifères tout en acceptant celles de nos propres ténèbres ?

Et Onfray de picorer, butiner, regarder autrement les philosophes et les classiques littéraires et artistiques (à la lumière d’aujourd’hui) : d'une lecture de " Don Quichotte" au mythe de Dom Juan, d'une tirade anti-libérale à " l'érotique solaire" , de la " Grande Santé" nietzschéenne à la définition du " glamour" (qui, dans le Larousse, se trouve entre " gland" et " glaire" ), de Balthus à Augiéras, de Finkielkraut (" Sans conteste, le plus emblématique par ses outrances, [il] mérite une palme" ) à Bourdieu, Rimbaud et Montaigne.

On lira particulièrement ce chapitre au titre provocateur, " Du bon usage de la pédophilie" , où il remet à leur place les prétendus libres-penseurs de carrefour Odéon qui habillent du nom de littérature leurs penchants pour les garçons et les filles mineurs (Matzneff en prend pour son grade).

Un héritage intellectuel qui mêle athéisime, libertarisme, libre pensée...

Dans ces " Journaux hédonistes" , Onfray parvient à prouver sa filiation autant que dans des ouvrages plus directement philosophiques (" La Sculpture de soi" , " Politique de rebelle" , y démontrant par l’exemple son héritage d’une lignée d’intellectuels proches du courant individualiste libertaire (des philosophes cyniques comme Diogène), épicuriens (Epicure) mais aussi au travers de toute une histoire occultée de la philosophie " officielle" (les Frères du Libre-Esprit, les penseurs libertins, l’école de Francfort…).

Les succès du " Traité d'athéologie" (300 000 exemplaires vendus), comme tous les livres récents d’Onfray ont clairement montré un regain d'intérêt, en France, pour la philosophie comme explication du réel et du social. De la pensée athée et libertaire-républicaine comme outil de pensée actuel. Il convient donc de réfléchir sur la place du philosophe réel dans la civilisation actuelle.

C’est, in fine, ce que proposent les ouvrages d’Onfray, et en particulier celui-ci, où Finkielkraut, Bernard-Henry Lévy, Glucksmann, Adler et tant d’autres individus penseurs plus ou moins crédibles sont clairement rangés du côté des " petits maîtres infatués" , simples chambres de validation médiatico-people des idées dominantes.

Une critique des institutions républicaines et de la vie politique actuelle

Le cri d’Onfray, ici, est celui d’une recherche d’intellectuels qui seraient critiques autant envers les institutions républicaines héritées de 1793 qu’envers la vie politicienne actuelle, afin de proposer une pensée, et un monde, de résistance à l’heure où " le retour du religieux sature la planète" .

Démarche bourdieusienne autant que deleuzienne, donc. Au passage, Onfray épingle les philosophes contemporains, accusés de tomber dans une \"foire aux égos\" : \"Le problème, c'est qu'on ne fabrique pas d'intellectuels collectifs.\" (Voir la vidéo.)


C’est pourquoi, quelques jours après les nuits de révolte de Villiers-le-Bel, en pleines négociations entre l’Elysée et la CGT, en pleins mouvements de grève, c’est surtout sur le terrain politique que Rue89 attendait Onfray. Invoquant l’héritage oral (platonicien) autant que matérialiste (nietzschéen, freudien) et anarchisant (deleuzien) de l’intellectuel moderne. Sur ces bases, c'est, selon le philosophe, vers Olivier Besancenot et le syndicat Sud qu'il faut se tourner. (Voir la vidéo.)


A travers la figure de " l’intellectuel collectif" qu’il évoquait dans notre première vidéo, à travers les actions qui sont les siennes dans le Universités populaires qu’il a fondées, Onfray offre non seulement des écrits et des pratiques concrètes pour la philosophie dans le monde d’aujourd’hui. Il propose des voies. Une place. Comme l'expliquait récemment Christian Salmon, la fiction et l’écriture ont aujourd’hui un rôle nouveau.

Une pensée nouvelle pour contrer de nouvelles menaces sur la pensée

Si nous vivons dans un monde que nous savons réel, mais que politiques et publicitaires façonnent en un monde simplement " inspiré de faits réels" pour mieux le contrôler, alors les arts, les sciences, la littérature, la sociologie, la philosophie doivent devenir des contre-narrations, proposant un espace-temps global. Des paradigmes nouveaux. Les écrivains, les artistes, les intellectuels ont un rôle nouveau. Inespéré. S’ils parviennent à s’en saisir avant des créateurs moins spirituels.

Des philosophes comme Michel Onfray, appelant de leurs vœux des gestes mondiaux, une revue européenne de philosophes, se situant sur le terrain de la mondialité chère à Aimé Césaire et sur " l’infini des mondes possibles" cher à Deleuze, propose une pensée pour le monde de demain.

Fût-ce un monde " de scribes" , où " l'on regardera les livres et les bibliothèques comme aujourd'hui on regarde un fauteuil Louis XV" . Un monde de continuums temporels, entre résistance et libéralisme. Une nouvelle guerre froide, peut-être, entre ténèbres et hédonisme, narration officielle et contre-narration. Qui passe par la fabrications de \"microrésistances\", les seules à même de permettre aux liliputiens de faire tomber le Gulliver libéral. (Voir la vidéo.)


La lueur des orages désirés, Journal hédoniste 4 de Michel Onfray - éd. Grasset - 340p., 20.90€.

Interview réalisée à Paris le 30 novembre 2007


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machinchose
19H18 02/12/2007

en voilà un qui avait fait preuve d’une singulière bétise pendant la campagne, servant Sarkozy, soutenant Bové, ralliant Besancenot et crachant crachant crachant sur Royal…

Arf. La philo et la politique n’ont jamais fait bon ménage ça se confirme.

 
thierry reboud
19H35 02/12/2007

Je savais qu’on y arriverait un jour !

TOUT A FAIT D’ACCORD AVEC VOUS, MACHICHOSE !

Alors… hzeureux ?

Amicalement.

 
leconcombrevert | entier !
00H03 03/12/2007

Et moi aussi je ne suis pas prête à oublier que Onfray est un des ces « pures » qui ont préférés le vote nul - donc Sarkozy - plutôt de voter Royal au deuxième tour !

Ah, bravo l’artiste. Si la philosophie sert à ça !

 
thierry reboud
09H01 03/12/2007

Pourquoi commentez-vous dans ce cas ?

 
Alice77
18H50 04/12/2007

Le souci c’est que cela ne « circule « p as mais c’est édité, publié, par des maisons d’éditions sérieuses. Si vous renseigniez un peu vous sauriez que Hillard et Bollman travaillent et publient chacun au Figaro, à Valeurs Actuelles, Michalon etc….
Allez ferme les yeux, va, t’as raison….

 
leconcombrevert | entier !
03H25 04/12/2007

Si M.Onfray veut considerer qu’il ne faut pas donner son vote « au moindre mal », c’est son droit. Qu’il vote ou pas, je m’en fiche pas mal. Mais dans ce cas, il ne fallait pas nous faire tout un plat avec son blog soi disant « spécial présidentielles2007 » sur libé pour, en fin de compte, nous annoncer que il allait opter pour le vote nul. Pourquoi ne pas l’avoir dit d’emblée, pourquoi entretenir un semblant de suspense, alors que pour lui de toute façon la politique politicienne est trop basse, trop impure … .

Pour reprendre ma « brillante prose », oui, la philosophie sert normalement à reflechir, mais la sienne est en panne de reflexion si elle le fait croire que il était préferable que Sarkozy soit élu président !!

Et pour finir, Mr. anonyme, sachez aussi que je suis de cette race de femmes qui refusent de se trahir elles-mêmes

Dites le bonjour aux cretins si vous en croisez …

 
leconcombrevert | entier !
21H48 04/12/2007

Animula, vagula, blandula
Hospes comesque corporis
Quae nunc abibis in loca
Pallidula, rigida, nudula,
Nec, ut soles, dabis iocos…

 
leconcombrevert | entier !
00H31 05/12/2007

Je vous concède que son blog était sur le NouvelObs, oui.

Je ne vous cacherais pas que je ne pretends pas connaitre les préferences intimes de Michel Onfray, mais je serais toute de même surprise d’apprendre qu’il ait une grande sympathie pour Sarkozy.

Ou je ne vous suis pas c’est sur la question du vote absténu, dit blanc. Appelez ça comme vous voulez, mais quand un électeur choisi de ne pas voter lui même il permet illico à d’autres de le faire à sa place. Et dans le cas precis dont nous causons un vote en moins pour Royal = un vote en plus Sarkozy.

 
leconcombrevert | entier !
02H10 05/12/2007

Désolée de vous l’apprendre, Mademoiselle Jo, on vote toujours pour le moins pire. Sauf erreur de ma part le petit Jesus ne s’est pas presenté depuis un certain temps. Or, tout les candidats ont leurs forces et leurs faiblesses, comme tout les partis.

Le vote n’est pas un acte de communion profonde ou je ne sais quoi mais un instrument de participation citoyenne.

Ne pas voter c’est dire - en toute gravité - demerdez vous. C’est une posture irresponsable, voila tout.

Et - pour revenir a Michel Onfray - il était bien clair, que le fait que ce soit lui qui prône le vote nul devait forcement nuire plus a la candidate de la gauche qu’à celui de la droite, c’est indubitable.

Ou pensez vous sérieusement que les électeurs de droite droite se soit senti touché de savoir que pour Onfray Ségolène Royal n’était pas « digne » de son vote.

Sr ceci, je vous souhaite une bonne nuit et de jolis reves.

Le Concombrevert - de rage.

 
leconcombrevert | entier !
02H10 07/12/2007

Puisque je vous dis que cela fait un certain temps qu’il n’a plus trainé ici bas, ce cher petit, moi non plus, je ne le compte pas non plus parmi mes amis les plus proches.

Mais, et vous l’avez bien compris à ce que je vois, ce n’était qu’une façon de dire que le candidat parfait ne saurait exister. Autant attendre le jugement dernier pour voter.

Par contre, il est évidemment capital d’être en accord avec les propositions du candidat choisi - dans la mesure du possible, vu le choix qui se présente. Donc, puisque la plus part du temps aucun candidat presente des propositions qui conviennent à 100 % à plus d’un électeur, voter implique toujours un minimum d’indulgence et un minimum de pragmatisme de la part de l’électeur. Ce qui nous conduit au vote pour le « moins pire ».

Tentez toujours de m’explicer la différence entre l’abstention et le vote nul - vous n’y arriverais pas, car objectivement l’un et l’autre revient au même resultat: le « moins pire » ne reçoit pas un vote que VOUS auriez pu lui donner - c’est donc un vote en moins pour le « moins pire » et une chance de plus pour le « plus pire ». Appeler cela « vote blanc » fait plus jolie, presque noble, c’est vrai. Moi, j’appele ça irresponsable.

Ma cervelle « n’imprime pas » les élubrications de votre grand esprit, c’est vrai. Vous devriez vous porter candidate à l’Académie Française.

Quand on s’exprime publiquement - sur un blog, qui est relayé par le site d’un grand journal politique - sur son choix politique on doit être conscient du fait que on risque de convaincre d’autres dans le même sens. C’est le but de tout débat politique, non ? J’appele cela « prôner », mais vous êtes libre de trouver un autre terme si cela vous chante. (Vous devez être drôlement proche de Onfray pour connaitre ses intentions.)

La « gauche Caviar », il ne manquait plus que ça pour tout expliquer.

À votre avis les Français doivent donc subir 5 ans de Sarkozy au rênes du pouvoir en échange de votre « espérance de vraie gauche ».

Votre « vraie gauche » m’a l’air d’être un sacré phantasme, puisque même Besancenot et Arlette ont appellé à voter Royal. Qu’es qu’il vous faut !

 
leconcombrevert | entier !
02H17 07/12/2007

Vous dites:

« Regardons la politique menée par les socialistes depuis 1982: privatisations, libéralisation financière,…
Abandont officiel de l’intérêt porté aux plus démunis, acceptation de l’économie de marché.
Qt au programme de Royal il ressemble à un programme du RPR des années 80.
Ce sont des faits irréfutables, ils ne procèdent pas de la philosophie à proprement parlé mais de l’histoire »

Contrairement à vous j’ai vecu la politique des socialistes depuis 1982. Je ne sais pas danc quel tract vous avez lu tout ça, mais on vous a menti.

 
leconcombrevert | entier !
02H30 08/12/2007

Eh bien, j’en sais rien. Mais si il a voté Besancenot aux deux tours c’est qu’un des deux votes était un vote nul. Devienez lequel !

 
thierry reboud
19H43 02/12/2007

Le commentaire de Machinchose ne portait pas tant sur la qualité de nos représentants politiques que sur la fulgurance d’analyse d’Onfray en cette occasion. Et sur ce point précis…

 
Servais-Jean | Psychanaliste orphelin
04H10 03/12/2007

Ouais, il y a bien chez Onfray un défaut d’intelligence tous azimuths!

 
machinchose
08H54 03/12/2007

alors il doit être bien petit….

 
Alice77
19H54 03/12/2007

J’ai fait un copier/coller d’un article de Pierre Hillard ci -dessus. Je ne sais pas si c’est « permis ». Si vous voulez le lire, il est sur mon blog (perline 2007) ainsi qu’un article sur Yvonne Bollman, et le désir ppuissant, depuis les années 40 de bâtir un empire européen que certains amis n’hésitent pas à nommer le 4eme Reich. Bien. J’ai parlé de cette confidentielle revue EUROPA, très ancienne, qui fait des cartes de géographie… qui refond l’Europe. Bien des gens savent tout cela mais…silence sur les ondes.
Aux journalistes en général : ravie d’avoir google, c’est mon meilleur allié pour pallier à l’absence totale d’information.

 
thierry reboud
22H23 03/12/2007

Je me demandais à qui nous devions ces deux purges… Merci pour tout. Quel rapport avec le sujet de l’article ?

 
Awopbopaloobop_Alopbamboom | récalcitrant
10H22 04/12/2007

Il est que certains chercheurs extrêmement peu connus, extrêmement peu divulgués, pas publicisés dans les médias, écrivent des choses autrement plus exactes, pertineentes, et scientifiques que Michel Onfray sur l’Europe. Si vous voulez rester ignorant, qu’à cela ne tienne. C’est votre affaire. Par ailleurs que vous importe QUI est derière ces « purges » (comme vous y allez, je vous souhaite d’être capable d’écrire comme eux et d’avoir un niveau d’analyse aussi fin), l’essentiel pour moi est que ces informations, ces livres de chercheurs non « brillants » mais sérieux et réfléchis soient portés à la connaissance du public de Rue89. Il me semble que passer du registre de la langue de bois à celui de l’étude posée et exigeante vous pose un problème. Moi pas.
Ps : il y a encore quelques personnes qui font des recherches et publient en dehors des pressions médiatiques, politiques, économiques. Cela vous gêne-t-il?

 
Network 23 | identité perdue dans mes papiers
20H30 02/12/2007

« La philo & la politique n’ont jamais fait bon ménage »? Ah bon? Foucault, Marx, Althusser, Lacan, Freud, Machiavel, Platon, Diogène, Derrida, Chomsky, etc., etc.?

Michel Onfray nous étonne en effet, bien que ses analyses dans les vidéos m’en donne, perso, une bien meilleure image que celle que j’avais gardée de son premier bouquin (dont j’avais bien aimé la préface, mais le reste, sur l’ individualisme hédoniste, m’avait paru quelque peu… disons que je n’arrive plus à voir la différence entre l’individualisme libertaire & l’individualisme libéral, Marx et Spinoza étant à ce niveau des références indépassables pour penser le collectif). J’ai maintenant tendance à considérer qu’Onfray fait un travail précieux de popularisation de la philosophie, qui ne se réduit pas à de la simple vulgarisation (bien que considérer Attali & Minc comme des philosophes…)

Donc, Onfray dénonce, en gros, l’abstraction des discours théoriques soi-disant incompréhensibles (j’espère qu’il ne va pas aller jusqu’à soutenir les thèses ridicules d’Alain Sokal & Bricmont!), tout en étant lui-même sur une position plutôt complexe:

d’un côté l’individualisme hédonisme,
de l’autre l’intellectuel collectif.

Comment concilier ces deux positions? Je ne vois pas comment un individualiste peut se revendiquer de Deleuze - mais les vidéos montrent en effet en quoi il se rapproche de Foucault & Deleuze.

Il critique le caractère prétendument obscur d’Empire, tout en louant Yann Moulier-Boutang, rédacteur en chef de la revue Multitudes (je passe sur la critique très juste de la position de Negri concernant le TCE).

Il affirme dans la 1ere video que la pensée alter-mondialiste est « obscène » parce qu’elle ne nous dit pas comment construire un autre monde, tout en affirmant dans la 3e que d’autres pratiques se mettent en place.

Je souligne ces tensions non pas pour en faire apparaître le caractère contradictoire, mais plutôt pour montrer l’aspect complexe de ce que Onfray est en train d’essayer de dire.

Enfin, critiquer la hiérarchie des syndicats, CGT, etc., et faire l’apologie des coordinations, SUD, etc., d’accord!

Mais le véritable problème ne serait-il pas d’arriver à concilier ces deux modes d’action politique?

Est-ce en laissant tomber les syndicats et les machines institutionnelles qu’ils ont forgé au fil de l’histoire, quitte à les remplacer par d’autres formes d’organisation politique (indispensables!), qu’on arrangera les choses?

C’est la même chose, me semble-t-il, que d’opposer les élections et tout ce qui a trait à la démocratie représentative à l’action directe, quotidienne, micro-politique ou politique des multitudes (choisissez le terme que vous préférez!). Les deux ne doivent-ils pas se relayer l’une l’autre?

Il faut des contre-pouvoirs à tous les niveaux, y compris dans les institutions. Deleuze & Guattari n’ont jamais opposé le moléculaire au molaire comme le mauvais au bon, puisque le moléculaire est immanent au molaire (et le désir à la production sociale).

Pr revenir au caractère prétendument abstrait de certains discours théoriques, il ne faut pas confondre, comme le disent eux-mêmes Deleuze & Guattari, abstraction et idéalisme.

L’ontologie du devenir (A. Fagot-Largeau) a des conséquences politiques très pratiques; en retour, les pratiques politiques effectives ont largement contribué à la formation de la pensée théorique de Foucault…

Pour finir sur une note joyeuse: on arrête pas de dire qu’il n’y a pas de pensée à gauche, et qu’on est pas dans la merde! Comme si la seule pensée venait des théoriciens néo-libéraux…

Or, non seulement il y a une pensée moderne à gauche, au-delà du marxisme-léninisme (et de l’anarchisme individualiste du 19e), mais il y a des pratiques vivantes à gauche.

Mais les divers appareils institutionnels, partis, syndicats, etc., préfèrent les ignorer. Serait-ce un problème de génération? Quel âge ont ceux qui dirigent ces appareils?

 
machinchose
22H45 02/12/2007

je voulais juste dire ce que vous démontrez : qu’un philosophe qui pense la politique peut être passionant, un philosophe qui se pique d’en faire est souvent navrant.

 
Jana | bretonne en Normandie
10H11 04/12/2007

Mais au fait :

Que veut dire le mot « politique » ?

 
Jana | bretonne en Normandie
04H17 03/12/2007

Bonjour Network 23.
J’apprécie votre billet.

au sujet de vos dernières questions :

Je pense qu’il s’agit plus d’une question d’ouverture d’esprit, que de générations.

Beaucoup de nouvelles structures se mettent en place en réaction contre des anciennes et finissement par fonctionner à l’identique.

La question de la capacité critique , du dynamisme du contre pouvoir positif, ou plus exactement de la vigilance envers l’abus de pouvoir, dans tout mouvement, dans toutes structures me semble essentiels.

 
Alice77
19H57 03/12/2007

REICHEUROPA

La signature de la Charte des langues minoritaires, l’intégration de Diwan, le « processus de Matignon » : tant de concessions aux militants nationalistes bretons ou corses, de leurres et de promesses, de déni de la réalité, pour en venir à découvrir trop tard le coût de la soumission au communautarisme… Dans cette accablante dérive d’une « gauche » qui ne semble guère avoir tiré les leçons de son échec, les débats au sujet de la Charte des langues minoritaires auront occupé une place non négligeable. Débats obscurs, puisque rendus tels par l’absence d’information réelle sur les origines de cette Charte et sa signification, ou plutôt non-débats opposant les bons et les méchants : les bons défenseurs des langues minoritaires et les méchants jacobins animés d’une haine sournoise à l’égard des pauvres idiomes minorisés. Pourquoi ne pas la signer, cette Charte ? Puisque tout le monde l’a fait ! C’est d’ailleurs une obligation, la France est en retard… jacobinisme, obscurantisme, la litanie reprenait - encore heureux quand on n’avait pas commencé par vous glisser sous le nez une pétition à signer. Amnesty international, la Ligue des Droits de l’Homme… eh oui, la signature de la Charte relevait des droits de l’Homme donc du devoir de l’Homme de la signer. Où était le problème ?
Le problème était, pour un esprit curieux, l’étrange libellé d’une Charte qui entendait défendre les langues de minorités ethniques en excluant les dialectes de langues dominantes et les langues des migrants. Dialecte français, le gallo, encore parlé en haute Bretagne, n’avait pas lieu d’être défendu ; le breton, en revanche, langue celtique, avait lieu de l’être (1). Ayant lu et relu les écrits des militants nationalistes bretons, je ne savais que trop à quel point cela pouvait conforter leur grand rêve de receltiser les terres gallèses et je ne voyais que trop comment cela s’inscrivait dans un grand rêve ethnique dont, alors que je rassemblais les matériaux de l’essai qui allait devenir Le monde comme si, je commençais à deviner les contours.
C’est en découvrant - grâce à Jean Le Dû qui a longtemps dirigé le département de celtique de l’Université de Brest et ne peut être accusé de nourrir des sentiments « antibretons » - l’essai d’Yvonne Bollmann, La bataille des langues en Europe, que toute une part du problème qui me laissait m’est apparu en pleine lumière, recoupant mes propres recherches et confirmant mes inquiétudes. Simple, précis, argumenté, basé sur une longue étude des textes qui ont donné lieu à la Charte et des commentaires de ceux qui l’ont imposée au Conseil de l’Europe, le livre d’Yvonne Bollmann apportait, en trois chapitres, une réponse à bien des questions que je m’étais posées.

Origines de la charte

En résumer la teneur n’est pas difficile : la Charte est le résultat de l’intense lobbying auprès des instances européennes d’une association, la FUEV (Föderalistische Union Europäischer Volksgruppen), en français U.F.C.E. La FUEV est directement issue des « Congrès des nationalités » créés après la Première guerre mondiale afin de regrouper dans un Reich grand-allemand les minorités allemandes que le traité de Versailles avaient enlevées au IIe Reich et à l’Autriche-Hongrie. Défendant les « minorités nationales » et attisant les séparatismes (notamment en France), le Congrès des nationalités défendait une conception ethnique de l’organisation politique qui allait amener son organe mensuel, Nation und Staat (Nation et Etat) à développer des théories racistes en relation avec le national-socialisme. La revue s’arrêta en 1944 mais, dès 1949, l’Union fédéraliste des communautés et régions européennes (U. F. C. R. E.), qui devait prendre plus tard le nom de F.U.E.V., fondée à Versailles (lieu symbolique) prit le relais. Son président, Joseph Martray, membre sous l’Occupation du Comité consultatif de Bretagne, avait été le bras droit de Yann Fouéré, directeur notamment du journal collaborationniste La Bretagne. Quoi d’étonnant si la FUEV qui, depuis 1961, édite une revue, Europa ethnica, présentée comme la suite de Nation und Staat, fut présidée de 1986 à 1990 par le séparatiste breton Pierre Lemoine, co-fondateur du MOB avec Yann Fouéré et chef du FLB (Front de Libération de la Bretagne) (2) ?
Renouant avec le pangermanisme après la réunification de l’Allemagne, le gouvernement d’Helmut Kohl décida de subventionner les organisations séparatistes des minorités germanophones. La FUEV, reçut alors des sommes importantes (3). Financée par le Land du Schleswig-Holstein et les régions autonomes du Tyrol du sud et du Trentin, puis, en Autriche, par la Carinthie de Haider, elle est également sponsorisée par la fondation Niermann, créée en 1977 à Düsseldorf dans le but, écrit Yvonne Bollmann, citant l’hebdomadaire Die Zeit, « d’aider les minorités ethniques à préserver leur existence biologique et culturelle », en particulier le «Volkstum allemand exposé à de dangereuses menaces à l’ouest, au Sud et à l’Est ». La fondation a donc soutenu financièrement « des cercles subversifs au Tyrol du Sud, des courants séparatistes en Alsace et en Lorraine, la cause ethnique au pays basque ».
Participant en tant qu’ONG à toutes les sessions du Conseil de l’Europe et du Parlement européen, elle entend défendre une Europe fédérale fondée sur le droit des ethnies en faisant adopter d’abord par les institutions européennes des dispositions qui seront ensuite imposées aux États, consentants ou non.

Chartes et conventions-cadre

La Charte des langues minoritaires n’est qu’un élément d’un ensemble. La FUEV, en effet, a fragmenté son programme, de manière à faciliter sa diffusion dans la législation européenne : il s’y est déjà ajouté une Convention-cadre pour la protection des minorités, entrée en vigueur en 1998. Cette reconnaissance des « minorités » a eu pour conséquence la production de documents visant à mettre en place une Europe des ethnies. Comme le rappelle Yvonne Bollmann, « la Charte a été adoptée par le Comité des ministres du Conseil de l’Europe le 25 juin 1992. Elle a été ouverte à la signature le 5 novembre suivant. Entre ces deux dates, le 2 octobre 1992, une délégation de la FUEV a officiellement déposé auprès du Conseil de l’Europe un projet de convention sur les droits fondamentaux des communautés ethniques européennes, conçu comme protocole additionnel à la Convention européenne des droits de l’homme. Ainsi que l’a rappelé Europa ethnica, il y avait là, entre autres, aux côtés de Karl Mitterdorfer, sénateur du « Tyrol du sud » et président de la FUEV, le « Breton Pierre Lemoine », alors vice-président de l’organisation. Ce projet, élaboré à Bolzano-Bozen, prétend se baser sur le point de vue des Volksgruppen, et servir ainsi de contrepartie aux projets des « Etats », pour un dialogue fructueux entre les « deux parties en conflit ». K. Mitterdorfer affirme d’ailleurs sans vergogne que la FUEV a été mandatée, pour les représenter, par environ 50 Volksgruppen. Il souhaite que se dégage, pour ces groupes, un droit d’intervention et un droit de codécision, qu’incarnerait, par exemple, un Conseil européen des Volksgruppen, adjoint au Conseil de l’Europe. »

Peuples et ethnies solidaires

Sous couvert de défendre des « langues minoritaires », on fait donc « passer pour des droits de l’homme, qui ont par avance la faveur des foules, le droit collectif des groupes ethniques ». L’ethnisme est-il autre chose qu’un racisme ? Peut-il mener à autre chose qu’à des conflits dont la défense des Volksgruppen a déjà donné tant d’exemples ? Conflits qui ne pourraient manquer d’être particulièrement aigus en France : en effet, le tableau des « minorités ethniques d’Europe » publié en 2000 indique qu’elle ne compte que 85,6% de « Français », les autres étant désignés comme « minorités linguistiques (locuteurs de langues régionales) ». La question est bien que ce projet est appuyé par la « gauche » française (Yvonne Bollmann se penche notamment sur le cas du coûteux Bureau des langues moins répandues (BLMR) qui permet à tant de militants de bénéficier de voyages auprès d’autres défenseurs des ethnies opprimées). «Nous ne manquerons pas d’insister auprès de nos militants sur les nombreuses affinités qui existent entre le Parti socialiste et les autonomistes alsaciens-lorrains et les autres autonomistes de l’hexagone ». La phrase du militant autonomiste Ferdinand Moschenross n’est que trop exacte : aux dernières élections régionales, les Verts, alliés au PS, ont permis aux autonomistes de l’UDB (dont les scores électoraux sont dérisoires) de faire massivement leur entrée au conseil régional de Bretagne. Dérive communautariste, aveuglement ou mise en œuvre d’une politique concertée ?

Ce que veut l’Allemagne

Ce que veut l’Allemagne, Yvonne Bollmann, Bartillat, 2003

Poursuivant sa réflexion sur les dangers du dispositif en train de se mettre en place, et s’interrogeant sur le rôle joué par l’Allemagne, Yvonne Bollmann a publié en 2003 un autre essai, non moins passionnant, qui pourrait, en fait, servir d’introduction au premier (et fait suite à un premier essai, La Tentation allemande, paru en 1998 aux éditions Michalon). Ce que veut l’Allemagne analyse la manière dont les institutions européennes sont utilisées pour imposer le projet d’Europe fédérale à caractère ethnique que la FUEV nous a déjà permis d’entrevoir.
« Est-ce que l’Allemagne va enfin obtenir ce que le monde lui a refusé au cours des deux dernières guerres mondiales », demandait, en 1995, Joschka Fischer, ministre des Affaires étrangères, « c’est-à-dire une sorte d’hégémonie douce sur l’Europe, résultat de son poids, de sa position géopolitique, de sa puissance industrielle ? » Cette «hégémonie douce», appuyée sur la référence permanente au respect de la diversité, prend les formes d’une «politique intérieure à l’échelle planétaire» (« Weltinnenpolitik ») qui ne va pas sans poser question. Encore faut-il que ces questions puissent être posées. Or, comme dans le cas de la Charte des langues minoritaires, toute voix dissidente se perd dans le vague chaos de l’unanimité à la mode : chauvinisme, conspirationnisme, antigermanisme primaire, combats d’arrière-garde et querelles de clocher, la cause est jugée d’avance. « J’ai assisté en novembre 1999 », écrit E. Husson, « à un colloque franco-allemand organisé par la Fondation Friedrich Ebert (fondation du parti social-démocrate allemand) à l’occasion duquel Madame Yvonne Bollmann avait été invitée à exposer ses thèses sur la «tentation allemande» qui vont dans le même sens que les travaux de Pierre Hillard : un certain nombre de représentants des élites allemandes chercheraient à assurer la prépondérance de leur pays en Europe en faisant éclater les constructions politiques du continent car ils savent bien que les régions germanophones disposeront alors d’une majorité démographique, renforcée par leurs regroupements au centre de l’Europe. La salle commença par siffler, trépigner, hurler ; on insulta l’oratrice, qui ne se laissa pas impressionner ; heureusement, quelques-uns des Allemands présents firent preuve de courage et surent exiger du reste du public ouverture d’esprit, écoute et tolérance. On eut finalement une discussion de bonne tenue, dont il faut espérer qu’elle ne restera pas unique en son genre » (4). On ne peut que s’associer à ce vœu et être reconnaissant à de telles recherches d’appeler à la vigilance.

 
machinchose
08H08 03/12/2007

vous savez l’offre de pensée ne se limitent pas à ceux qui passent à la télé.

Quand à la question du best seller je ne pense pas qu’Onfray soit vraiment le cauchemard de son éditeur, quelque chose me dit qu’il vend (très) bien.

 
thierry reboud
00H30 04/12/2007

Onfray, l’un des plus importants penseurs de notre temps, j’ai des doutes. Badiou, Bouveresse, Rancière, ça me paraît quand même d’un autre calibre.
Parfaitement d’accord avec vous sur les insultes physiques (et peu importe qu’elles soient justes ou non).

 
pierrejcallard | www.nouvellesociete.org
19H25 02/12/2007

N’est-il pas évident qu’on assiste à une montée du désordre qui conduit à un ralliement à une conception plus autoritaire du pouvoir ? Si ce n’était pas Sarkozy, est-ce que ce ne serait pas simplement un autre « Chef » en route vers un pouvoir plus discrétionnaire ?

http://nouvellesociete.org/5171.html

Pierre JC Allard

 
ovny1984 | futur-ex-retraité ! rempilez qu'ils dise...
19H57 02/12/2007

Et si c’était Sarkosy, le vrai responsable du désordre actuel ? Je dirais même de l’énorme gâchis !
Cela fait tout de même 7 ans qu’il a le pouvoir, comme ministre de l’intérieur, ce qu’il n’a jamais cessé d’être véritablement !
Notre as de la provocation a rallumé le feu dans les banlieues après avoir juré de les éteindre au Kärcher en 2005.
Les banlieues aspirent à la tranquilité. Aidons plutôt ses habitants à devenir des gens normaux, des citoyens à part entière. 10 ministres de la Ville en 17 ans, vous ne trouvez pas que ça fait beaucoup ?

Il faudrait une vraie continuité dans les projets, quel que soit l’élu ou les élus en charge du dossier.

 
thierry reboud
19H59 02/12/2007

C’est confondre la cause et l’effet. Je crois plutôt que Sarkozy n’est que le symptôme du malaise dans notre société (je n’ose parler de civilisation).

 
Awopbopaloobop_Alopbamboom | récalcitrant
10H28 04/12/2007

C’est sûr que vous ne devez pas vous sentir vous même très civilisé, après avoir traité deux articles Bollman/Hillard de purges.

 
ThomasLefebvre | Rapatrié
19H41 02/12/2007

Halala, Michel Onfray. Bon, l’alter-gauche c’est naze? Bienvenue sur terre Michel, tu nous manquais. Alors, si les alter gaucho ca craint un max, pourquoi avoir fait campagne avec José Bové?

Faut « decomplexifier »? Bien sur, bien sur. En tartinant des références de Foucault (tres facile a lire, si quelqu’un pense que « la généalogie de l’Histoire » c’est un concept simple, qu’il me fasse signe). Mention spéciale au décomplexificateur qui parle de contre-narration. Euh, oui, bien, c’est supra décomplexifié comme concept.

J’ajoute, quand Onfray parle de « défaut d’intelligence tous azimuts », c’est une blague? Je veux dire, on se souvient de cette histoire:
http://www.liberation.fr/rebonds/221894.FR.php

Toujours dans la catégorie « humour »: Onfray raille les philosophes qui ont un super-ego. Euh, et la taille des chevilles de Onfray, c’est quel diametre? Je veux dire, ceux qui ont lu son blog, malheureusement disparu (quelle poilade quotidienne on avait droit!), on pouvait y lire qquchose comme « moi, je ne lis jamais les critiques de mes articles dans la presse nationale et internationale. »

J’ajoute que qualifier de « moderne » un type qui nous sort tous les héros naphatalinés (Boukharine, Foucault, Bourdieu, c’est d’un commun) c’est aussi tres, tres drole. Merci, vous avez fait mon week-end.

 
ThomasLefebvre | Rapatrié
20H12 02/12/2007

Histoire de jouer sur les mots, Foucault était plus que moderne, il était post-moderne… Plus serieusement, Foucault, Bourdieu n’ont rien de moderne. Leurs concepts analytiques ont été adoptés par nombre d’universitaires. Du coup, ils n’ont plus rien de moderne, ils font partie des meubles si je peux parler ainsi. Du coup, Foucault, Bourdieu, c’est la tradition, le conservatisme. Il existe des écoles foucaldienne, des revues foucaldiennes, des revues bourdieusiennes, des gardiens du Temple. Cela ne m’empeche pas de les lire et de les trouver stimulants. Mais pour le modernisme, on repassera.

 
ThomasLefebvre | Rapatrié
22H44 02/12/2007

Mais j’ai lu tout ca. J’ai envie de vous prendre au mot. Et que dit Foucault? Il critique la modernité. Il critique les Lumieres. Il critique l’Humanisme. Il était anti-moderne (ou post-moderne, c’est selon).

Si c’etait une question de mode, j’aurais tendance a croire que, vu le succes actuel de la micro-sociologie, on assiste plutot a une domination des cadres théoriques de Bourdieu sur les sciences humaines. Tout est sociologie.

 
ThomasLefebvre | Rapatrié
23H54 02/12/2007

ok, vous marquez un point. Je reviens donc sur ce que j’ai écrit: Foucault ne critique pas la modernité, « il la brave d’un regard froid » « en face et debout » ;) Contrairement a ce que j’ai pu laisser paraitre, j’aime beaucoup lire Foucault, que je trouve, encore une fois, tres stimulant. Memes naphatalinés, les héros restent des héros. Onfray, quant a lui, est tellement absurde qu’il en est distrayant.

Houla, houla, vous bravez d’un regard froid la sociologie? Vous n’avez pas peur d’etre crucifié?

 
Network 23 | identité perdue dans mes papiers
01H06 03/12/2007

Foucault ne « brave » ni ne « critique » la Modernité (quand le CA parle de « braver », il parlait d’actes politiques, non pas de critiques théoriques; par exemple, braver l’autorité policière en les forçant à user de leur violence et à exposer ainsi leur arbitraire, plutôt que de s’y soumettre passivement).

Montrez-moi de + un seul texte où il se revendique « post-moderne »!

Vous reprenez tous simplement, consciemment ou non, les arguments de Habermas contre Foucault, qui en font une sorte d’ « obscurantiste » tout ça parce qu’il considère qu’il faut perpétuer l’attitude des Lumières plutôt que leur forme même.

Plutôt que de répondre à l’ironie concernant la sociologie (quel est le rapport? Foucault aurait-il dit qu’il fallait pas faire de sociologie?), je préfère laisser la parole à Foucault, en citant le texte sus-mentionné:

 » Cet êthos implique d’abord qu’on refuse ce que j’appellerai volontiers le « chantage » à l’ Aufklärung. (…)

Mais cela ne veut pas dire qu’il faut être pour ou contre l’ Aufklärung. Cela veut même dire précisément qu’il faut refuser tout ce qui se présenterait sous la forme d’une alternative simpliste et autoritaire : ou vous acceptez l’Aufklärung, et vous restez dans la tradition de son rationalisme (ce qui est par certains considéré comme positif et par d’autres au contraire comme un reproche); ou vous critiquez l’ Aufklärung et vous tentez alors d’échapper à ces principes de rationalité (ce qui peut être encore une fois pris en bonne ou en mauvaise part). Et ce n’est pas sortir de ce chantage que d’y introduire des nuances « dialectiques » en cherchant à déterminer ce qu’il a pu y avoir de bon et de mauvais dans l’ Aufklärung. »

http://tinyurl.com/38ejre

 
ThomasLefebvre | Rapatrié
02H20 03/12/2007

Qu’est-ce qu’on s’amuse ce soir!

Foucault refuse le chantage a l’Aufklärung apres avoir remis en question le rationalisme (qui découle des Lumieres nan?) dans « les mots et les choses », si mes souvenirs sont bons.

Meme si Foucault n’a jamais affirmé etre post-moderne, il est largement considéré comme étant post-moderne autant par ses disciples que par ses détracteurs. Il existe d’ailleurs une litterature abondante avec des kilometres d’articles sur J-Store sur le sujet auxquels je vous renvoie. Encore une fois j’apprécie Foucault que je ne considere pas comme étant un obscurantiste. Simplement le citer est tres commun, et tres convenu. Ce n’est pas parce que l’on fait du « name dropping » que l’on est moderne. C’est tout.

Si je parle socio, c’est parce que le CA en parle, qui fait reference a une de mes remarques sur Onfray qui le cite, etc… faut suivre un peu, on se réveille….

 
Le Yéti | yetiblog.org
23H54 02/12/2007

« Leurs concepts analytiques ont été adoptés par nombre d’universitaires. Du coup, ils n’ont plus rien de moderne, ils font partie des meubles. »

Mais… mais c’est complètement nul, ce genre de proposition ! Vraiment, il y a encore des gens pour tirer des conclusions comme ça, aussi ridicules ?

« Cela ne m’empêche pas de les lire et de les trouver stimulants. »

Méprisant, en plus ??? On touche le fond.

 
ThomasLefebvre | Rapatrié
23H59 02/12/2007

« Vraiment, il y a encore des gens pour tirer des conclusions comme ça, aussi ridicules ? »

Eh oui, il existe beaucoup de gens nuls, ridicules et méprisants dans ce monde et vous n’avez pas fini de les rencontrer. Hey, le yeti, faut sortir de la caverne un peu!

Pour vous, trouver un auteur « stimulant » c’est méprisant. Euh, c’est une blague?

 
Le Yéti | yetiblog.org
04H33 03/12/2007

@ Thomas Lefebvre

Ma tirade de 23h54 était inutilement sèche et disproportionnée (je suis parfois un peu soupe-au-lait !). Considérez que je la retire et excusez mon emportement, SVP.

 
machinchose
22H48 02/12/2007

si vous aviez suivi son blog pendant la campagne…

 
leconcombrevert | entier !
00H19 03/12/2007

Justement ! Comment peut on rendre compte d’une rencontre avec Sarkozy SANS prendre partie ! Ce n’est pas la modestie, on contraire. Comme si il n’était pas concerné par les conséquences du virage que la France allait prendre en votant Sarkozy. C’est d’un prétentieux insupportable.

 
ThomasLefebvre | Rapatrié
22H47 02/12/2007

C’est gentil de venir voir mon blog, reviens quand tu veux, mais, nan, apprends a lire, j’insulte personne.

 
karlM
22H57 02/12/2007

Malgré ses errances, Onfray doit être soutenu, la décomposition socio-écologique atteint des sommets.

 
pablico
19H39 02/12/2007

Si nous vivons dans un monde que nous savons réel, mais que politiques et publicitaires façonnent en un monde simplement « inspiré de faits réels » pour mieux le contrôler.
c’est bien vu, l’information nous est présentée, si prend l’image de l’audiovisuel, comme un ‘montage’ du réel.
Donc comme tout montage on lui fait dire ce que l’on désire.
c’est la triste histoire de l’information à travers les âges. Et nos politiques, les électeurs, voient donc à travers un prisme qui est loin du réel.
Super pour prendre des décisions, c’est des coups à se tromper plus qu’à son tour.

 
machinchose
19H50 02/12/2007

Pour vous répondre laissez moi citer le CA de 19 h 40 : « la complaisance avec laquelle il avait accepté de rencontrer et de s’entretenir avec sarkozy en dépolitisant totalement le truc et en entretenant une sorte de fascination malsaine sur la personnalité du bonhomme en nous apportant ce scoop ultime: alala c’est fou ce quil a soif de pouvoir et quil est vide… »

 
thierry reboud
19H55 02/12/2007

D’autant que je me rappelle que, dans le courant de l’entretien, Onfray n’avait n’avait pas perçu l’énormité des propos de Sarkozy. Il ne l’a comprise qu’après coup.
Et puis, franchement, le premier à nous avoir montré qui était Sarkozy… mais c’est Sarkozy lui-même, voyons ! (Français, vous avez la mémoire courte.)

 
machinchose
20H01 02/12/2007

C’est le gros avantage avec Sarko; il ne s’est jamais caché. Il n’a jamais fait mystère de ce qu’il est. D’ailleurs j’avais écrit sur le sujet un petit article dont je suis aujourd’hui assez fier et qui s’intitulait : on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.

Sur agoravox. faudrait que je le retrouve.

 
thierry reboud
20H02 02/12/2007

J’ai lu environ 150 pages de son truc d’athéologie. C’était farci d’erreurs factuelles. J’ai arrêté les frais. Vous m’offrez son dernier ? Pas envie de claquer mes thunes là-dedans…

 
Hubert Artus | Rue89
20H20 02/12/2007

  @ vous, monsieur Reboud, ainsi que quelques CA : Que vous goutiez peu Onfray, cela peut bien  sûr se concevoir… Mais plutôt que ces avis tranchés et qui cherchent autorité, serait-il possible que vos opinions et idées soient exprimées de façon plus mesurées (‘« je trouve que », « je pense que », « j’ai vu des erreurs factuelles ») ? Elles y gagneraient en efficacité (Rue89 propose aux lecteurs de réagir et d’échanger, pas de faire une liste de discussion), en altérité, et en plaisir de lecture, non ? Sinon, on s’éloignerait du sujet (de l’article), me semble-t-il.  Merci de la vôtre, de lecture.  

 
thierry reboud
22H08 02/12/2007

…que vous n’avez pas tort.

 
machinchose
22H54 02/12/2007

vous avez raison.

Avec Onfray, comme avec Asko d’ailleurs même s’ils n’ont rien à voir, j’ai malheureusement pris l’habitude de leur navrant ton péremptoire pendant la campagne. Cette sorte d’assurance macho un peu ridicule, leurs pirouettes autoritaires, leur entretien attentif de leur propre culte etc.

Alors certes oui les erreurs des autres ne sauraient devenir les justifications des notres. Vous avez raison, il faudrait de la mesure.