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Les expressions françaises
Pourquoi Capharnaüm est désordonnée ? Les laconiens laconiques ? L’an quarante de peu d’importance ? Les carottes toujours cuites ?
Et si Lapalice n’avait jamais émis la moindre lapalissade ?
En mettre sa main au feu
Au Moyen-Age, l’épreuve du feu permettait de prouver ou non l’innocence ou la culpabilité de quelqu’un : le suspect devait porter une barre de fer fougie au feu...si ces mains ne portaient aucune trace de brûlure, il était absous.
Se faire l’avocat du diable
L’expression vient du Vatican. On appellait ainsi le "promoteur de la foi", celui dont le rôle était de mettre en doute les mérites d’une personne que l’on proposait à la canonisation
Tenir le haut du pavé
Autrefois, le sol des rues était concave pour permettre l’écoulement des eaux au centre. Le haut du pavé se situait donc en bordure des maisons, sorte de trottoirs étroits. Lorsque l’on rencontrait un haut personnage, il fallait lui céder la place pour qu’il ne soit pas éclabousser.
Se mettre sur son "trente et un"
Il existe deux versions. L’expression viendrait du drap de trentain, tissu de qualité et coûteux.
Une autre version lui attribue son origine au jeu de carte le "31", très en vogue au XIXème siècle. Le 31ème point étant le gagnant.
Sous l’égide de...
L’égide était le bouclier de Zeus recouvert de la peau de la mythologique chèvre Amalthée. Athéna y avait fixé pour son père la tête de la Gorgone, lui garantissant ainsi l’invulnérabilité.
Des yeux de lynx
Rien à voir avec le superbe félin ! Il s’agit d’une déformation de Lyncée, le pilote des argonautes qui guida, grâce à sa vue perçante, Jason vers la Toison d’Or.
Une image d’épinal
Vient du nom d’un imprimeur à Epinal, dans les Vosges, qui, pendant la révolution, devint célèbre en imprimant des images populaires, très colorées et naïves.
Une voix de stentor
Stentor était un guerrier grec dont la voix était aussi forte que 50 hommes
Etre médusé
Vient de la gorgone Méduse qui changeait en pierre celui qui croisait son regard. Persée lui trancha la tête et de son sang naquit Pegase, le cheval ailé.
Etre laconique
Les habitants de la Laconie, les spartiates étaient réputés pour leur austérité de moeurs mais également de langage, d’une rare briéveté. Ainsi, pour annoncer à leurs concitoyens la victoire sur Athènes et la fin de la guerre du Péloponèse, ils se contentèrent de dire : "Athènes prise".
Etre sur la sellette
Au XVIIème siècle, la sellette était un petit siège de bois sur lequel on faisait asseoir l’accusé. Le siège était si bas qu’il faisait prendre au-dit accusé une posture humiliante.
Une loi draconnienne
Du nom du législateur Dracon qui donna ses premières lois à Athènes (VIIème siècle av JC). Elles étaient si dures (la mort était la sentence pour toute faute, si minime qu’elle fut) qu’on les disait "écrites avec du sang".
Brûler ce qu’on a adoré
C’est à l’occasion du baptème de Clovis (et de ses 3000 guerriers) que cette phrase a été prononcée par l’évêque Saint Rémi : "Courbe la tête, fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré".
Battre la chamade
Rien à voir avec le battement d’un coeur amoureux : la chamade était un signal militaire que donnait les assiégés d’une ville pour indiquer qu’ils voulaient se rendre ou engager des pourparlers.
Une égérie
Egérie était une nymphe qui était la conseillère du légendaire roi de Rome, Numa Pompilius. Elle lui dictait des lois qu’il appliquait ensuite pour Rome.
Une panacée
Vient du Grec "pan", tout et "akos" qui signifie remède.
Panacée était une déesse grecque qui savait soigner toutes les maladies.
Le serment d’Hippocrate que prononce encore les médecins commence ainsi : "je jure par Appolon, médecin, par Esculape, par Hygie et Panacée..."
Une vérité de La Palice
Le courageux Jacques de Chabannes, seigneur de La Palice est mort au combat à Pavie en 1525... c’est tout ce que l’on sait de lui. Ses soldats composèrent une chanson vantant ses mérites de preux guerrier. Celle-ci fut déformée et transformée par on ne sait qui et demeure associée au personnage historique : "Monsieur de La Palice est mort, est mort devant Pavie, un quart d’heure avant sa mort, il était encore en vie.
Se mettre en rang d’oignons
Rien à voir avec le jardinage et avec les plants d’oignons soigneusement rangés !
L’expression vient en fait d’un grand maître de cérémonies à la cour des valois, Artus de la Fontaine Solaro, baron d’Oignon, qui assignait leurs places aux seigneurs. Il avait coutume de s’écrier : "serrez vos rangs, Messieurs, serrez vos rangs"... et les seigneurs de se moquer des rangs d’Oignon.
S’en moquer comme de l’an quarante
Il s’agit en fait de l’an quarante du calendrier républicain.
L’expression vient des royalistes qui ne croyait pas que la république survivrait cette année de l’an quarante.
Elle se rapproche d’une expression utilisée depuis les Croisades : "s’en moquer comme de l’Alcoran (le Coran)".
Un capharnaüm
Capharnaüm était une ville de Galillée dans laquelle Jésus guérit un paralytique. La foule, se pressait à tel point autour de la maison que les porteurs du paralytique durent faire un trou dans le toit pour faire passer la civière. la maison était bondé, le toit percé, des gravats...
Il existe une "foultitude" d’autres expressions... il fallait faire un choix...J’ai donc choisi : celles qui me semblaient les plus amusantes ou dont on ne connait pas forcément de "prime abord" l’origine.
Un chose est sûre : "Nos ancètres possédaient une culture classique plutôt pharamineuse (...) ils baignaient dans une familiarité quotidienne avec la Bible, l’Illiade et l’Odysée, l’histoire grecque et romaine, les grands textes de l’antiquité et de la mythologie" [1]
Les notes :
[1] Georges Perec
8 mai 2003
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