BLOG DU CEMaPi
Ouille !
Méchant méchant, le Nouvel Obs et le libraire [Gérard Collard, libraire à la «Griffe Noire» (Saint-Maur-des-Fossés)]
Bibliobs. - Vous avez dans votre librairie une poubelle mythique. Qui en a les honneurs en ce moment ?
Gérard Collard. - Mazarine Pingeot. Ça fait trois mois que la fille de Mitterrand est dans un frigidaire avec des baigneurs. A Noël, on avait mis son livre, «Le Cimetière des poupées», à l'entrée de la librairie sur la moquette avec une inscription: «Marchez dessus du pied gauche, ça porte bonheur».
Etouffé...
Le CEMaPi, Centre d'Etudes Mazarine Pingeot, a été étouffé par l'abondance de textes publiés suite à la sortie du Cimetière des Poupées...
Signalons simplement ce petit article dans l'Express :
Mazarine, écrit vain
par Jérôme Dupuis
Ce Cimetière des poupées est - déjà! - son cinquième roman. Scolaire et ampoulé.
Pourra-t-on, un jour, lire un roman de Mazarine Pingeot d'un oeil parfaitement objectif? Le moins que l'on puisse dire est que la principale intéressée ne nous y aide pas vraiment, posant enceinte à la Une de Paris Match, «dans la maison de ses vacances avec François Mitterrand», ou choisissant, pour la quatrième de couverture de ce Cimetière des poupées, un passage éminemment ambigu, qui semble dresser son portrait autant que celui de son héroïne.
La confusion n'est guère possible, pourtant. Le roman est la longue confession d'une mère infanticide depuis la cellule de sa prison. Pourquoi a-t-elle fini par tuer celui qu'elle venait d'enfanter? Sujet intéressant.
Une litanie nourrie d'obsessions prévisibles
Mais, sous couvert d'explorer éros et thanatos, notre agrégée de philosophie aligne tous les marronniers des pages psycho-sexe de Cosmopolitan : la première nuit avec mon amant (page 35), le choc de la paternité (page 65), la lassitude dans le couple (page 89), etc. Et lorsqu'elle s'aventure dans la scatologie ou la lubricité, on a le sentiment de voir une adolescente en col Claudine s'effrayant elle-même de son audace à arracher les ailes d'une mouche.
Certes, ce Cimetière des poupées a sa petite musique. La petite musique que produit une litanie un peu monotone, nourrie d'obsessions prévisibles. Le décor? Un appartement bobo, un époux éditeur et quelques cocktails mondains. Le style? Ampoulé. Exemple: «Que tiennent les promesses quand la nuit s'y met, les images me débordent, je ne les contiens plus, mon seul succès est d'avoir anéanti ma capacité gestuelle, l'énergie du moindre effort, ce qui empêche le passage à l'acte et circonscrit au délire mes désirs irrespectueux.» Et quand le lecteur est arrivé à la dernière page de ce petit roman semblable à tant d'autres, il ne peut réfréner une lancinante interrogation: so what ?
cimetiere des poupees - suite
BientôtDivorcée écrit : «Mazarine doit jubiler : Au moment où elle sort son bouquin sordide, paf, une autre affaire de bébés congelés. Y'en a au moins une à qui ça profite. (...) elle va faire péter le box office et je crois que ce n'est pas la peine de lui suggerer son prochain sujet, elle l'a déjà ; "le prédateur gonflé au Viagra".»
Sur le blog Fnac, Adèle Verde, de son côté, écrit : «Au milieu de la foule de nouveautés de cette rentrée, il me semble que le livre de Mazarine Pingeot ne passera pas inaperçu : non parce qu’il soulève une tempête médiatique autour de son sujet, mais plus simplement parce qu’il est très réussi.»
Une conclusion que ne partagent pas les rédacteurs de "parutions.com" :
Que l’auto-fiction, sport national, obsession germanopratine, fatigue ! A force de lire, relire et overdoser de toutes ces littéraires complaintes, qui sur son viol, qui sur l’adultère de qui, qui sur une éducation bourgeoise mal assumée, aidé par un quelconque fait divers, on finit par vouloir trouver un coupable. Que l’on nous montre le méchant inventeur de cette littérature d’un mauvais genre, apanage des fils, femme, copain, fille de quidam bien placés, habiles à la plume – comme beaucoup – mais souffrant d’une carence alarmante d'imagination… Oui, qui ? Qu’on lui règle son compte!… Il en fera sans doute un roman…
Mazarine Pingeot s’agite dans cette mare aux lettres, soulignant et décrivant ad nauseam les états d’âme – sans supplément… - d’une autre elle-même.
(...) à vrai dire, comme pour les lamentos de managères trompées sur TF1, et peu importe le style : on s’en fout.
L'écrivaine Marie Ferran, sur TourmentsD'Achab consacre deux billets à l'Affaire :
Le thème est à la mode dans la littérature de cette rentrée. Il n’est pas certain qu’il faille parler de mode encore moins d’écriture thérapeutique. Lorsque, il y a trois ans, j’ai commencé à écrire mon premier roman « Terrasse » ( que j’avais appelé « Descendance ») dans lequel il est question de la mort d’un enfant, d’un garçon de deux ans et du deuil de ses parents, plus précisément du deuil du père, je n’ai pas choisi ce thème, il s’est imposé à moi.
et Mazarine et les faits divers.
Parmi les autres nouvelles : Mazarine Pingeot sera chroniqueure dans une émission humoristique. Elle « est venue nous voir avec une idée géniale que je garde encore secrète » déclare l'amuseur-présentateur.
Bébés morts. La suite. (avec Darrieussecq)
Quelques réactions sur internet suite à la présence du Mazalivre dans les bonnes librairies :
Steppique écrit :
C'est "Bouche Cousue" qui m'a révélé Mazarine Pingeot. J'y ai trouvé réponse à certaines inexplications de la vie de François Mitterrand jusqu'à comprendre que ses racines angoumoises l'avaient prévenu de faire un second mariage d'amour. (...)
Le style de Bouche Cousue était facile et nerveux, je ne sais ce qu'il en est du dernier. Les critiques disent déjà que ce cinquième est le roman de la maturité. Comme le temps passe !
Franc Parler sur lemonde.fr écrit :
Qui fera concurrence au livre présidentiel… ou presque ? Un livre de fille cachée (de moins en moins, quand même) d’ex-président. Le cimetière des poupées, de Mazarine Pingeot. Presse favorable, pour elle aussi. Et j’ai un a-priori favorable pour Mazarine. Elle au moins n’est pas coupable de la détestable pièce “Art”, où tous ceux qui considèrent qu’un monochrome n’est pas de l’art ont trouvé prétexte à s’esbaudir.
Autres bébés morts
Dans Le Parisien :
Noir c'est noir. Plus fort que Mazarine : dans « Tom est mort » (POL), Marie Darrieussecq autopsie la douleur d'une mère face à la mort de son petit garçon. Dans « le Contemplateur », de Stéphane Héaume, chez Anne Carrière, il est aussi question d'enterrer un enfant avec une pelle. Chez Grasset, enfin, il faudra inventer un prix gore pour Georges-Olivier Chateaureynaud et son éviscération de cadavre proposée à un adolescent.
(En passant Tom est mort est l'occasion d'une dispute entre Camille Laurens, l'auteure d'un autre livre sur un bébé mort, et Marie Darrieussecq, accusée de "plagiat psychique")
Et enfin, la revue académique Gala (Gender and Anthropology of Literary Authors) propose un album photo de Mazarines à tout âge.
Dans le journal suisse "24 heures"
Une critique élogieuse du Cimetière des Poupées dans 24 heures :
Rentrée littéraire: Mazarine Pingeot jette un froid
RENTREE LITTERAIRE : Avec son cinquième roman, l'excellent «Le cimetière des poupées», où elle fait parler une mère infanticide, la fille de Mitterrand acquiert un statut d’écrivain. Seule réserve, elle l’acquiert dans l’ombre d’une autre grande figure mitterrandienne, celle de Marguerite Duras.
© Crédit photo | Enceinte de son deuxième enfant, Mazarine Pingeot a décidé de ne plus regarder en arrière. | Escher Rodolphe/Gamma
MARIE-CLAUDE MARTIN | 20 Août 2007 | 23h18
«Peut-être qu’au cinquième roman, on arrêtera de penser que je suis publiée pour de mauvaises raisons», déclarait en 1998 Mazarine Pingeot, fille de François Mitterrand, au journal «Le Monde». L’heure est venue de son cinquième roman. «Le Cimetière des poupées», longue lettre d’une mère infanticide à l’adresse de son mari, est un monologue puissant, dérangeant, subtil, violent de frustration et d’amour mal vécu. Le roman mérite toute l’attention de la critique. Pourtant, c’est encore une fois pour de «mauvaises raisons» que Mazarine Pingeot, 33 ans, fera l’événement de cette rentrée littéraire.
Il n’a fallu qu’un mot pour qu’explose la polémique. Le mot «congélateur» lâché à l’avant dernière page du «Cimetière des poupées» pour que Mazarine Pingeot soit accusée de faire son miel de l’affaire dite «des bébés congelés.» Rappel des faits: Jean-Louis Courjault, Français travaillant en Corée, découvre le 26 juillet 2006 deux petits cadavres dans le congélateur du domicile conjugal à Séoul. Un test ADN révèle qu’il s’agit de ses enfants. Sa femme Véronique, 37 ans, avoue alors un double infanticide, et même un troisième qui remonte à 1999. Elle dit avoir agit seule, à l’insu de son mari qui n’a rien su de ses grossesses. Incarcérée à Tours, Véronique Courjault attend d’être jugée. .
Fin du régime d'exception
Mazarine Pingeot, aidée de son éditeur Fayard, se défend de toute similitude avec ce fait divers qui l’a fascinée mais auquel il n’est jamais fait référence, du moins explicitement, sinon par le fameux congélateur: «très beau d’un point de vue romanesque puisqu’il permet de conserver, de rendre éternel», explique-t-elle à «Paris-Match», dont elle fait la couverture, enceinte de son deuxième enfant. Comme n’importe quel people, elle se plie à l’image d’une maternité glorieuse et à l’idéal d’une famille sans histoire. Elle voit dans cette «banalité» le signe de son affranchissement, la fin du régime d’exception dont elle a souffert pendant très longtemps. Idem pour ses activités professionnelles. Elle la normalienne, l’agrégée en philosophie, aime jouer les chroniqueuses sur Europe 1, se faire photographier sur la Croisette en train de faire du rap ou prendre le risque d’être jugée par le plus grand nombre en animant, à la rentrée, une émission de TV.
Ecrire loin du père
Avec «Le Cimetière des poupées», sa première authentique fiction, Mazarine Pingeot entend faire de même: rompre avec la veine autobiographique. Ecrire loin du père. Sortir de son ombre. Voler de ses propres ailes. Signer Pingeot et mériter de sa propre gloire. Mission réussie? Pas tout à fait tant le livre résonne de sa propre histoire: enfant née à l’insu de tous, petite fille chérie, adorée, mais tenue au secret par un père qui l’a affublée d’un prénom qui ressemble à un nom de code, une supercherie, une bonne farce faite au monde. Pourtant, certains savaient. Françoise Giroud notamment, qui l’a raconté dans «Le bon plaisir», un roman à clés publié aux éditions….Mazarine. Ce père-là, aimant et tout puissant, est assez proche de la narratrice du « Cimetière des poupées» qui ôte la vie de son enfant pour le protéger du monde. L’Ogre n’est pas loin…la pythie non plus.
Sublime, forcément sublime
La pythie? Marguerite Duras, amie intime de François Mitterrand, et auteur du désormais célèbre «sublime, forcément sublime», texte dans lequel elle «voyait» Christine Vuillemin en train de tuer son petit Gregory, alors que sa culpabilité n’a jamais été établie. Pour l’auteur de «L’Amant», ce crime était un crime d’amour. Mazarine Pingeot parvient à la même conclusion avec son héroïne, dont on ne connaît ni le nom, ni le prénom, mais dont on apprend que, petite fille, elle était fascinée par Barbe-Bleue et qu’elle enterrait ses Barbies dans le jardin. Cette même enfant qui plus tard, devenue épouse modèle, n’a qu’une envie, faire payer à son mari son indifférence sadique. Mazarine, héritière de Duras? Sans doute pas mais gardienne de la mitterrandie, assurément. D’ailleurs n’est-ce pas elle qui a préfacé l’année dernière «Le Bureau de la poste de la rue Dupin», un livre qui regroupe quelques uns des entretiens entre l’écrivain et le président de la République?
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