Fermeture définitive

ne pas suivre le courant
dimanche 19 mars 2006.
 
Quand ma voisine m’en a parlé, j’ai cru qu’elle confondait. J’avais quand même un souvenir confus d’avoir lu ça quelque part. Mais où, mais quand. Peu importe. On lit des choses partout sans savoir à qui elles appartiennent, on prend, on jette. J’avais donc lu que mon fournisseur d’accès internet me permettait de regarder la télévision via mon ordinateur.

J’ai téléchargé la dernière version du programme, et j’ai vu la télé sur l’ordinateur. En clair, bien plus clair peut-être que sur un écran catholique, ou musulman, puisque c’est l’heure des repères identitaires.

La vache.

Je me suis dit "la vache". Techniquement, c’est très fort. Et j’ai conclu aussi qu’il était temps d’aller jouer ailleurs. Que j’ai perdu l’enthousiasme. Des milliers d’imbéciles continueront l’aventure, à écrire en ligne leurs "pensées". Les lecteurs font le tri, et tout cela ne sert à rien face au rouleau compresseur des investisseurs officiels. Je perds mon temps depuis sept ans, avec beaucoup de plaisir, puis de moins en moins, puis plus du tout. Je revends tout sur Ebay. Je ferme d’ici quelques jours. Je veux dire : je ferme totalement. C’est la grande braderie. D’ici un mois ou deux, tout aura disparu. Il restera un message d’erreur 404 quand on arrivera ici, et juste ce dernier texte explicatif, pour faire dramatique un peu, pour se donner de l’emphase.

Je n’ai pas grand-chose d’autre à ajouter. Ce n’est pas que je n’ai plus rien à dire, c’est qu’écrire là et attendre qu’il ne se passe rien ne m’enthousiasme plus. J’aurais pu parler des sacs plastique en Guadeloupe, de la fille de Villepin et du CPE, écrire sur le choix CPE/RMI, et continuer à me condamner à l’actualité et à son commentaire, ce qui est un piège évident. Le reste est récupéré à l’avenant, comme les pantalons trop larges des faux artistes, des faux rebelles, en provenance des vraies banlieues. Mon bout de web, c’est la banlieue un peu. J’aurais pu continuer à raconter les aigreurs devant l’immonde connerie qui voyait il y a encore quelques jours une fille très jolie et vers les vingt ans et même pas vulgaire lire avec passion dans le train l’un de ces magazines pipole à la con. J’aurais pu continuer à participer. Décrire l’exaspération devant les crétins qui prennent l’avion et prennent tous leurs bagages en cabine (et surtout les cartouches de clopes) pour ne pas avoir à faire la queue pour récupérer leurs valises à l’arrivée à Orly. Mais ça n’a pas beaucoup d’intérêt. J’aurais pu.

Mais non.

Il reste donc au lecteur quelques jours pour faire ses emplettes, et tout disparaîtra. (Le FTP, ça me connait ! ).

Et puis, pour rire, je me suis mis à SPIP, avec forum intégré et tout le tin-touin. Voilà, une sorte de début de blog, sauf que c’est le dernier texte, et pour de bon cette fois !

A tout hasard, je conserverai mon adresse mail. Et puis un grand merci à ceux qui m’ont soutenu, c’était vraiment bien.

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