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par J.B. Pouy
Pas besoin d'avoir une vue générale sur l'histoire de
la Pensée Humaine dans tous ses états, y compris ceux d'urgence,
pour savoir l'importance de deux petits mots, cause et effet. Cette putain
de cause et ce casse-couilles d'effet. Ça planche là-dessus
depuis des millénaires, ça s'arrache les cheveux, ça
pond du théorique, mais c'est toujours pareil, même à
Lagrasse, qui se planque dans les replis vinasseux des Corbières,
qui fait tout pour se faire oublier, même des grands désespoirs
du monde, et qui se cogne toute une série d'abrutis internationaux,
y compris un missile. Car le missile est théorique. Et moi, cette
pauvre chose, produit d'un paquet de causes et d'effets qui a pour cause
Stéphanie et effet Tyller, sur place, je me mettais moi aussi à
faire de la philo galopante, et ce n'était pas à cause de
l'autre Philo, l'allumée qui mène sa barque vers des rivages
inconnus. Non, dans ce missile, j'y voyais comme un symbole de tout ce fatras
mystérieux qui me tombait dessus et frappait cette petite bourgade.
Celle-ci avait fait une grave erreur, celle de s'autoproclamer : le plus
beau village de l'Aude. Un truc à forcément attirer les mouches,
et pas seulement les touristes. Du coup, tous les fondus du reste du monde
visible, occidental ou pas, moyennement oriental ou pas avaient l'air de
se pointer là. Restaient les Chinois, mais bon, y'avait assez de
pékins en vadrouille comme ça. Qu'est-ce que c'est qu'un missile,
c'est un engin qui part dans les airs, d'un point A à un point B,
pour généralement tenter de cramer le point B. Là,
le point B, c'était deux pauvres humains en mal d'amour, innocents
sans doute, et qui expérimentaient la seule technique érotique
réconciliant Freud, Jung et Reich (le premier Reich, bien sûr).
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