chapitre VIII


 

 

par J.B. Pouy

Pas besoin d'avoir une vue générale sur l'histoire de la Pensée Humaine dans tous ses états, y compris ceux d'urgence, pour savoir l'importance de deux petits mots, cause et effet. Cette putain de cause et ce casse-couilles d'effet. Ça planche là-dessus depuis des millénaires, ça s'arrache les cheveux, ça pond du théorique, mais c'est toujours pareil, même à Lagrasse, qui se planque dans les replis vinasseux des Corbières, qui fait tout pour se faire oublier, même des grands désespoirs du monde, et qui se cogne toute une série d'abrutis internationaux, y compris un missile. Car le missile est théorique. Et moi, cette pauvre chose, produit d'un paquet de causes et d'effets qui a pour cause Stéphanie et effet Tyller, sur place, je me mettais moi aussi à faire de la philo galopante, et ce n'était pas à cause de l'autre Philo, l'allumée qui mène sa barque vers des rivages inconnus. Non, dans ce missile, j'y voyais comme un symbole de tout ce fatras mystérieux qui me tombait dessus et frappait cette petite bourgade. Celle-ci avait fait une grave erreur, celle de s'autoproclamer : le plus beau village de l'Aude. Un truc à forcément attirer les mouches, et pas seulement les touristes. Du coup, tous les fondus du reste du monde visible, occidental ou pas, moyennement oriental ou pas avaient l'air de se pointer là. Restaient les Chinois, mais bon, y'avait assez de pékins en vadrouille comme ça. Qu'est-ce que c'est qu'un missile, c'est un engin qui part dans les airs, d'un point A à un point B, pour généralement tenter de cramer le point B. Là, le point B, c'était deux pauvres humains en mal d'amour, innocents sans doute, et qui expérimentaient la seule technique érotique réconciliant Freud, Jung et Reich (le premier Reich, bien sûr).

 

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