Goya graveur au Petit Palais
Publiée le 11-05-2008 par Ougli

Et bing, encore une brève sur de l'art non-contemporain !
Que les amateurs de Bansky et Miss Tic me pardonnent, je vais leur parler quelques instants d'une exposition qui, en termes de subversion, de vision politique et d'humour, distribue une raclée minable à tous les "artistes de rue" de notre chère époque.
Francisco de Goya (1746-1828), auteur des formidables peintures noires (
[lien]), de la scandaleuse Maja nue (
[lien]) et accessoirement portraitiste de la famille royale espagnole à la fin du XVIIIe siècle, était aussi un graveur très inspiré.
En marge des commandes officielles, Goya a en effet développé une œuvre beaucoup plus personnelle et sulfureuse à base de techniques modernes pour l'époque : lithographie, eau forte ("sors les bouteilles d'eau forte"), aquatinte, pointe sèche et brunisseur (aucun rapport avec la machine à transformer la merde en CD pour midinettes dépressives, dont l'inventeur, Louis Bertignac, demeure injoignable).
Jusqu'au 8 juin, vous pourrez admirer au Petit Palais (Paris) une collection de 280 gravures du maître, soit la réunion de quatre séries : les
Caprices (1797-1799), chronique des mœurs décadentes de ses contemporains, les
Désastres de la Guerre (1810-1820) où Goya dévoile ses effroyables souvenirs de l'affrontement entre les insurgés espagnols et les troupes napoléoniennes, la
Tauromachie (1815-1816), où l'on découvre les prouesses de Pepe Hillo, le torero qui monte les taureaux et les met à mort assis sur une chaise, et enfin les Disparates (1816-1823) qui ravira les amateurs de monstres, de difformités et de visions cauchemardesques.
Petit whoring mitosien : les ânes (probablement tous ivres) y occupent une place très importante (
[lien])
