Gregor Schneider à La Maison Rouge
Publiée le 29-04-2008 par Faé

Gregor Schneider est un artiste allemand un rien flippant, dont le but est de confronter tout un chacun à ses propres peurs, rien de moins. Pour ce faire, il déconstruit notre environnement familier et rassurant, et s'amuse à perturber les sens du spectateur, en manipulant les espaces, les sons, les matières, les odeurs. Il a commencé par remodeler entièrement la maison familiale, en y enlevant tous les éléments confortables et chaleureux, afin de créer un environnement froid et inhospitalier. Cette exposition nommée Haus u r "la maison morte" invitait le spectateur à déambuler dans un dédale angoissant de cellules et de pièces aveugles, dont le but était d'amener le visiteur a expérimenter la perte de tous ses repères sensoriels pour affronter le vide extérieur et intérieur.
Ensuite, le bougre a récidivé en créant une structure inspirée du centre de rétention de Guantanamo, toujours dans le but de créer un malaise chez le visiteur en illustrant la torture psychique résultant de l'emprisonnement humain dans un environnement déshumanisé et privé de repères sensoriels.
N'ayant pas encore traumatisé suffisement de gens, il a ensuite sévi à Naples, en creusant un corridor dans le sous-sol volcanique, engageant le spectateur à éprouver physiquement l'expérience de la mort, en traversant seul et dans l'obscurité l'oeuvre, réveillant ainsi les angoisses primordiales de chacun sans aucun autre artifice que la solitude, le noir, le silence.
Les installations de Gregor Schneider se visitent seul, à la demande de l'artiste. Toute la force de son art consiste à transformer de simples formes architecturales ou des espaces minimalistes en catalyseurs d’émotions et d’angoisses.
Actuellement, Schneider expose à La Maison Rouge, à Paris. L'installation, nommée Süsser Duft (Doux parfum) a été crée spécialement pour le lieu, et reprend la thématique de la déconstruction des espaces, on y retrouve certaines pièces de Haus u r et de Weisse Folter. Ambiance, dès l'arrivée, il faut signer une décharge stipulant que le musée n'est pas responsable en cas de problème, et un garde vous avertit qu'il vous est interdit de revenir sur vos pas, et que si vous êtes perdus, quelqu'un viendra vous chercher. Il faut bien sûr entrer seul. L'exposition est évidemment fortement déconseillée aux personnes cardiaques et aux claustrophobes. Malgré toute cette mise en scène, Süsser Duft se visite rapidement et sans émotion particulière (pour ma part, mais apparemment certaines personnes en sont sorties ébranlées, pourtant je suis une chochotte). Néanmoins, j'avoue y avoir beaucoup repensé ensuite, et que finalement cette oeuvre m'a touchée rétrospectivement. J'y retournerais avec plaisir, en prenant plus de temps, et sans m'attendre a des émotions fortes de type "parc d'attraction". Visible donc jusqu'au 18 mai pour les parisiens
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