Arrested Development
Publiée le 28-08-2007 par
Ben -

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Depuis quelques temps, je mène une quête : trouver la sainte poilade en divx de 170Mo.
Mes pérégrinations m’ont fait croiser la route de Black Books, I.T crowd, Scrubs, The office puis je suis tombé sur « Arrested developement ». Ma quête s’achevait, j‘avais trouvé mon saint Graal.
Arrested development (que j’appellerai AD à partir de maintenant afin de préserver la pulpe de mes doigts) est une série Américaine qui a été diffusée en 2003 et a vu sa fin tragique arriver en 2006, pour un total de 3 courtes saisons aux nombres d’épisodes décroissant (respectivement 22-18 puis 13). Pourquoi une telle fin alors que la série est certainement parmi ce qui se fait de mieux dans le domaine ? Voilà quelques éléments de réponse.
Une sitcom qui brise les clichés narratifs du genre.
Ca c’est de l’accroche bien cliché, enfin, passons.
Bien que partant d’un postulat maint fois abordé dans ce genre (« suivons les aventures trépidantes d’une famille et de ses membres cocasses »), AD est filmé à la manière d’un documentaire : caméra à l’épaule, zooms maladroits, plans flous, le style est particulier et assez déroutant dans un premier temps et brouille les repères avec classe.
Pas de “previously on…” en début d’épisodes pour rappeler où l’action en était mais un habile et truculent « in the next episode of AD » qui est censé annoncer que l’on trouvera dans le prochain épisode mais qui se charge juste de poursuivre un gag en cours, d’en rajouter ou d’enfoncer le clou. Ces scènes ne se retrouvent en fait jamais dans l’épisode suivant. Les repères en tremblent encore plus sur leur fondation.
Le narrateur (dont la voix est celle de Ron Howard) joue aussi un rôle important, n’intervenant pas seulement au début ou à la fin comme dans Desperate housewives par exemple, il se permet de glisser ses réflexions tout au long de l’épisode, au milieu d’un dialogue, d’une situation, en introduction d’une scène et toujours avec un ton très cynique et souvent dans l’unique but de rétablir des vérités embarrassantes pour les personnages.(glisser un « not » à la fin d’une tirade par exemple) et en introduisant des documents pour étayer ses dires (images d’archives (avec forcement coupes de cheveux et tenues d’époque), documents amateurs, flashback).
Enfin, la bande son est déstabilisante, pour une série qui se veut reposer sur des vannes et du comique de situation il n’y a pas un seul rire, pas un seul appui de la part de la bande son rien qui ne différencie la réplique « normale » de la pure vanne de tueur, rien, si ce n’est l’intelligence du spectateur et c’est peut-être là une des composantes premières de la série.
Une sitcom à l’intelligence rare.
Je chiale de honte devant ce fichier word en relisant cette accroche pourrave.
Au moment d’écrire que Ad est une série intelligente qui nécessite d’avoir bien plus de 2 QI pour en comprendre toute l’essence, je me demande si il n’y aurait pas un certain élitisme à affirmer une telle chose, un dédain affiché pour ceux qui ne rentreraient pas dedans mais il est clair que je ne peux passer sur la qualité et la subtilité d’écriture de la série si jamais je veux faire le compte rendu le plus honnête possible alors « merde ».
Dans Ad on croise du comique visuel (ah ah le costume de banane, ah ah, il sort une colombe morte de son pantalon) mais beaucoup aussi de références, que ce soit à l’actualité, à l’histoire, au gouvernement et même à la pop culture (un gag recurrent sur le star wars kid par exemple) , il est même pas rare que certaines situations ne soit que la représentation métaphorique d’une situation réelle et qu’une critique sous-jascente soit là, devant nos yeux sans qu’aucun gros panneau ne l’annonce. Il est tout à fait possible de critiquer l’armée américaine, le racisme, le militantisme débile et un milliard d’autres travers humains comme américains sans les pointer grossièrement du doigt en sautillant sur place et en criant « z’avez vu, c’est pas bien » , là ou pas mal d’autres séries sortent la grosse artillerie et le pillonage massif, Ad utilise le second degré, la référence discrète et laisse le spectateur trouver seul de quoi il s’agit, la série n'est pas livrée avec une morale toute faite et ça fait un bien fou.
Éviter les clichés, les dénouements hasardeux et même les répliques faciles, c’est ce que fait Ad avec talent, toujours surprenant, en mouvement, se jouant de ses propres codes, se moquant d’elle même avec un second degré rafraîchissant en ne se prenant jamais au serieux, c’est un bonheur de se retrouver encore surpris à la troisième saison par ce ton si particulier, cette bouffonnerie impertinente, car oui, Ad c’est avant tout de la grosse poilade.
Une sitcom (super)drôle.
(soupirs)
Si Ad peut être loué des heures durant pour sa qualité d’écriture et sa profondeur c’est son coté farce qui est la première de ses qualités : personnages hauts en couleur, quiproquos, situations rocambolesques, partages en latte complet, Ad c’est avant tout le grand nawak illustré et la série n’a rien a envier à « Marié deux enfants » dans le domaine.
Que dire de Tobias, cet ancien psy radié de l’ordre des médecins pour avoir fait un massage cardiaque à une personne endormie et qui depuis cherche à devenir acteur tout en étant victime du très délicat complexe du « never-nude » le forçant à porter un petit short en jean sous ses vêtements ? (le perso est évidemment un gay qui s’ignore malgré le fait qu’il soit marié à la très belle Portia de Rossi)
Que dire de Gob, le frère aîné qui ne promène qu’en trottinette a moteur, magicien loupé dont les tours finissent toujours par foirer (mécanismes qui se déclenchent à l’arrache, lapins et colombes trouvé morts, doigts coupés…) et qui loupe tout ce qu’il entreprends ? (ah... cette chorégraphie sur « the final countdown » en introduction de ses spectacles)
Que dire de la mère alcoolique qui n’éprouve aucun sentiment maternel? Du cadet tellement sujet à son d’oedipe qu’il en vient à sortir avec une femme de 60 ans portant le même nom que sa mère (jouée par Lisa Minelli d’ailleurs) ? Du fils du « héros » qui s’appelle Gorges Michael ? Du fait que ce même héros habite une maison témoin ? Que la CIA confonde une photo de couilles avec une photo satellite de supposées armes de destruction massive ? de la presence de Carl Weathers ? de Henry Winkler ? Des running gag qui courrent le long des 3 saisons ?
Vous, vous ne pouvez sûrement pas en dire grand chose. Moi, ça me donne juste une banane de ouf rien que d’y repenser.
Une sitcom qu’il faut voir.
Pour tout ce qui est cast complet et résumé, je vous laisse tranquillement voir chez imdb
[lien], j’avais juste envie de vaguement donner envie. C’est un peu comme raconter la classe américaine, c’est délicat et périlleux mais il faut bien en parler pour propager le fun.
Enfin, voilà les avis de deux critiques éclairés (glanés sur allociné) afin de définitivement vous convaincre de donner une chance à cette série :
«
j'ai regardé 2 épisodes et j'ai za ppé tellement l'humour est lourd. Portia de rossi est insuppotable! ça ne m'arrache même pas un sourire! ça n'a pas la valeur de Friends qui fait éclater de rire! les critiques ont dû etre payés pour faire les louanges d' un navet pareil! une vrai catastrophe télévisuelle! vive de vraies séries comme Desperate Housewives »
Ok.
«
Déçu par cette série que la critique définissait comme hilarante, c'est un humour très lourd, je la trouve révolutionnaire dans la débilité. L'image est mauvaise, les décors pas terribles, les personnages peu attachants et les histoires n'ont aucun sens. »
Super.